SOS TRANSPHOBIE

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Actualité


France : Transphobie de l'article 18 quarter section 2 bis du projet de loi Justice du XXIe siècle

 

SOS Transphobie refuse l'article 18 quarter section 2 bis du projet de loi Justice du XXIe siècle qui ne respecte pas les droits humains de la Résolution 2048 (2015) 1 du conseil de l'Europe des Personnes Trans à cause de leurs non-binarités au sexe binaire en raison de leurs expressions et identités de genre.

 

 

II. – Après la section 2 du chapitre II du titre II du livre Ier du code civil, est insérée une section 2 bis ainsi rédigée :

 article 18 quarter section 2 bis du projet de loi Justice du XXIe siècle.jpg

 

 

 Changement de prénom auprès de l'officier de l'état civil

 

Article 18 quater (nouveau)

I. – L’article 60 du code civil est ainsi rédigé :

« Art. 60. – Toute personne peut demander à l’officier de l’état civil à changer de prénom. La demande est remise à l’officier de l’état civil du lieu de résidence ou du lieu où l’acte de naissance a été dressé. S’il s’agit d’un mineur ou d’un majeur en tutelle, la demande est remise par son représentant légal. L’adjonction, la suppression ou la modification de l’ordre des prénoms peut pareillement être demandée.

« Si l’enfant est âgé de plus de treize ans, son consentement personnel est requis.

« La décision de changement de prénom est inscrite sur le registre de l’état civil.

« S’il estime que la demande ne revêt pas un intérêt légitime, en particulier lorsqu’elle est contraire à l’intérêt de l’enfant ou aux droits des tiers à voir protéger leur nom de famille, l’officier de l’état civil saisit sans délai le procureur de la République. Il en informe le demandeur. Si le procureur de la République s’oppose à ce changement, le demandeur, ou son représentant légal, peut alors saisir le juge aux affaires familiales. »

 

 

Le changement de l'état civil fondé sur l'autodétermination se fera librement sans condition "médicale et judiciaire" en mairie gratuitement pour toutes les Personnes Trans " Quelles que soient leurs expressions et identités de genre ".

 

Les Personnes Trans n'ont rien à faire dans les TGI : " Devoir comparaître devant la justice 'A cause de ne pas être conforme au sexe binaire', c'est porter atteinte à leurs ‪‎identités de genre‬ et dévoiler leur vie privée ! ."

 

De plus, il est inadmissible que des Personnes Trans victimes de transphobie sont stigmatisées, condamnées arbitrairement, emprisonnées au mépris de leurs identités de genre par des procureurs, juges, forces de l'ordre transphobes, en n'intervenant pas, en donnant raison, en ne faisant rien contre les transphobes, malgré des plaintes, en toute impunité à cause de leurs expressions et identités de genre.

 

Honteux aucun respect ! " Les personnes Trans ne sont pas des délits à conformer, refuser, condamner, stigmatiser à cause d'être ainsi par des tribunaux arbitraires. "

 

 

 


02/06/2016
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Clip Hollysiz : " The Light " pour la tolérance

 

 

Le clip de "The Light" met en effet en scène le parcours d'un jeune garçon maltraité par son entourage car il aime jouer avec des vêtements et des jouets de fille.

 

Il préfère porter des robes plutôt qu’un t-shirt et un pantalon. Il est alors victime de remarques de la part de ses camarades et ses parents reçoivent des jugements de la part des passants, des parents d’élèves ainsi que des professeurs. Si la mère assume les demandes de son fils, cela est plus difficile pour le père.

 

Un message d'amour : ce clip évoque les problèmes actuels sur la tolérance de la différence de l'autre, et se termine sur une note d'espoir lorsque l'on découvre le père enfin accepter son fils tel qu'il est.

 

                                            Clip Hollysiz " The Light " pour la tolérance  

                     hollysiz-the-light-contre-l-intolérance.jpg

 


19/01/2015
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Rapport au Conseil de l'Europe : Les enfants transgenres en grande souffrance

 

Un rapport remis au Conseil de l’Europe pointe les difficultés des enfants trans' et intersexes " invisibles " et " méconnus " du grand public.

 

                         Les enfants transgenres en souffrance - Rapport au Conseil de l'Europe.jpg
 

Transphobie : " Thérapies de normalisation dévastatrices, harcèlement à l’école de la part de leurs camarades voire de la part du corps enseignant, rejet de la famille ou au contraire pression sociale sur les parents qui acceptent la situation de leur enfant. "

 

L'auteur de ce rapport est Erik Schneider, psychiatre et psychothérapeute, co-fondateur de Intersex & Transgender Luxembourg, commandé par le Conseil de l'Europe à la suite d'un colloque international organisé en Suisse en 2013 sur «Le droit de l'enfant et de l'adolescent à son orientation sexuelle et à son identité de genre».

 

" Des enfants qui «ressentent un décalage entre ce qu’ils se sentent être et les attentes de leur entourage fondées sur le sexe qui leur a été assigné à la naissance»."

 

Il y aurait environ un enfant trans' pour 500 personnes, selon le rapport. En France, il n'existe pas de statistiques officielles. Mais d'après une étude en ligne par HES/MAG en 2009 et citée dans le rapport, plus de 65 % des jeunes trans' de 16 à 26 ans ont déjà envisagé le suicide et près de 34 % d'entre eux auraient déjà fait une ou plusieurs tentatives.

 

Pour l’instant, la majeure partie de ces enfants reste «invisible», à la fois parce que leurs parents ne connaissent pas cette réalité et sont donc incapables de la détecter, et parce qu’il reste très difficile pour ceux qui en ont conscience de l’accepter et d’emmener leurs enfants vers une structure adaptée qui n'existe pas vraiment, puisqu'elle est ignorée des instances de l'état, des professionnels ignorants sur ce sujet brisent l'enfant pour le normaliser au sexe binaire à l'encontre des droits de l'enfant.

 

Taux de suicide deux fois plus élevés

 

Ces enfants, très souvent, ne sont pas écoutés et leurs souffrances sont déniées, ce qui peut avoir des conséquences dramatiques. «Il existe un risque de suicide lorsqu’un enfant trans’ a l’impression qu’il ne peut pas vivre son moi authentique, qu’il doit étouffer ou ‘tuer’ la partie trans’ de lui-même», indique le Dr Schneider dans son rapport.

 

Erik Schneider ajoute l'explication du «mal-être» de ces enfants résiderait dans leur «incapacité de pouvoir être à l'extérieur ce qu'ils sont réellement à l'intérieur d'eux-mêmes, et que «ces état suicidaires sont le résultat d'un rejet social et de discriminations subies par ces enfants de la part de l'entourage familiale et public».

 

Torture horrible et quotidienne à l'école

 

C’est à l’adolescence, lorsque le corps change, que les souffrances sont les plus aiguës. C’est aussi à l’adolescence que les moqueries des camarades sont les plus blessantes. «Les enfants qui ne se conforment pas aux normes de genre courent un risque particulier d’être harcelés à l’école et d’y subir de la violence psychologique, physique et sexuelle», met en garde le document commandé par le Conseil de l’Europe.

 

Le rapport pointe par ailleurs des cas de harcèlement provenant du corps enseignant lui-même. «Son école n’était pas compréhensive; même quand un docteur les a informés que mon enfant était transgenre, cela n’a fait aucune différence pour eux. Le harcèlement a continué avec la même intensité, non seulement de la part des autres enfants, mais aussi de la part de certains enseignants et du directeur adjoint. A l’âge de quatorze ans, j’ai pris la décision de la retirer du système scolaire à cause de la torture horrible qu’elle subissait quotidiennement de la part des enfants et des adultes», rapporte ainsi une mère.

 

Thérapies violentes

 

Comprenant que leur enfant vit un calvaire, certaines familles finissent par se tourner vers le corps médical. Mais les médecins sont rarement tous assez bien formés ni assez conscients des enjeux. Le rapport fait ainsi état de pratiques pour le moins troublantes, appelées «corrections» par l’auteur, telles que l’ordre intimé de s’habiller autrement, ou même de marcher différemment. Une institution proposait par ailleurs à des parents de couper tout contact avec leur enfant pendant plusieurs mois, «pour que l’enfant soit brisé et reconstruit par des professionnels». Deux de ces «thérapies» ont abouti au suicide du«patient», considéré comme malade de sa transidentité.

 

Hélas, selon le docteur Schneider :  "il y a peu de témoignages car les enfants ont des réactions post-traumatiques et le système protège les gens qui appliquent ces mesures». Son rapport conclue d’ailleurs."

 

«Tant que les professionnels de santé ne reconnaissent pas la transidentité comme l’un des facteurs centraux de la suicidalité, cela les empêche de dispenser les soins adéquats aux enfants trans’ suicidaires et donne lieu à des internements psychiatriques d’une durée disproportionnée dans la plupart des cas».

 

A l'école libre choix de leur expression et identité de genre

 

Au contraire de ces méthodes coercitives ou qui nient les demandes répétées de l’enfant, le rapport suggère de recourir à des «approches acceptantes», qui privilégient l’écoute et se «distancient de la pathologisation des identités et des expressions de genre».

 

«Selon les approches acceptantes, l’enfant est laissé libre d’explorer quelle expression de genre lui correspond le mieux et la liberté lui est laissée de changer d’avis dans le parcours d’exploration de son identité», explique Erik Schneider.

 

A l’école, il convient d’accepter le prénom que les enfants ont choisi, à l’image de la loi argentine de 2012 qui impose ce respect aux institutions. Ainsi, selon une étude américaine menée sur des jeunes trans’ de 15 à 21 ans et citée par le rapport, «les taux de dépression, le sentiment d’insécurité à l’école et de non-appartenance diminuent avec l’augmentation du nombre d’environnements où les jeunes trans’ sont autorisés à utiliser leur prénom correspondant à leur identité de genre».

 

Comme le prévoit une loi californienne, les enfants trans’ doivent par ailleurs avoir le droit de participer aux activités sportives et scolaires, «conformément à leur identité de genre», intime le rapport. «Les écoles ‘bienveillantes’ acceptent la transidentité de l’enfant et vont surtout laisser à l’enfant le choix de la révéler ou non», complète Erik Schneider.

 

Bloquer la puberté

 

Sur le plan médical, de plus en plus de pays ont donc recours à des «bloquants de puberté», dont l’utilisation est sujette à débat dans la communauté médicale quant à la nécessité de leur utilisation, et si oui, à quel moment et dans quelles conditions.

 

Soulager la souffrance et former les adultes

 

Pour le docteur Schneider «il ne faut pas fixer un âge arbitraire. L’important est de regarder les besoins, de regarder comment cette personne s’exprime».

 

Le psychothérapeute avance plusieurs recommandations pour tenter de remédier aux difficultés de ces enfants «nés dans le mauvais corps». Parmi elles, la nécessité de les considérer «comme un groupe confronté à des risques psychosociaux importants» requérant une prise en compte particulière lors de l'élaboration des politiques de l'enfance, ou encore la prise en compte de «plus de deux possibilités de codage du sexe».

 

L'auteur, le docteur Schneider préconise également une formation plus adaptée des instituteurs et autre personnel des structures d'accueil scolaires et périscolaires à la prise en charge des enfants trans'. Il propose enfin d'inclure «les questions de transidentité, abordées sous un jour positif, dans les manuels scolaires» pour permettre d'informer les autres élèves sur le sujet et de combattre la discrimination.

 

Lire l'intégralité du rapport et de ses témoignages publié au Conseil de l'Europe :

FRA : Rapport pour le respect des droits des enfants trans et intersexes en Europe

EN  : Rapport for respect for the rights of trans and intersex children in Europe

 


20/12/2014
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Aucun gouvernement ne devrait déterminer votre identité

 

Personne ne devrait déterminer votre identité, sauf vous.

No one should determine your identity except you.

 

 Cliquez sur Sous-titres pour choisir la langue de votre choix / Subtitles Click to select the language of your choice

 

Pourtant, les personnes trans font face à cet obstacle tous les jours. La majorité des personnes trans dans le monde ne peuvent pas obtenir des documents officiels qui correspondent à leur identité. Et sans ces documents, il est presque impossible de faire les choses de base comme s'inscrire à l'école, obtenir un emploi, consultez un médecin, Voyager, ou de voter.

 

Yet this is an obstacle transgender people face every day. The majority of trans people around the world cannot obtain official documents that match their identity. And without these documents, it's nearly impossible to do basic things like enroll in school, get a job, see a doctor, travel, or vote.

 

Nous soutenons les droits progressifs pour la reconnaissance juridique des sexes / We support progressive rights to legal recognition of gender equality.

 

En savoir plus / Read more :  Open Society Foundations

 

An Essential Legal Right for Trans People/Un droit essentiel pour les Personnes Trans

             Légalité de l'Identité Trans.jpg

 


24/11/2014
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Mon Genre n'est pas mon sexe / My sex is not my Gender

                              

#IdentitédeGenre : Mon Genre n'est pas mon sexe

#GenderIdentity : My sex is not my Gender 

 

#Trans #NonBinaire #NonBinary #Gender #Genre 


                               Equality Gender.jpg

                          #GenderEquality - #ÉgalitédesGenres

 

23/10/2014
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Ces enfants transgenres qui "ne sont pas nés dans le bon corps"

 

Ryan, Sade, Amya, se sentent appartenir au genre opposé à leur sexe physique. Une clinique pionnière de Chicago prend en charge dès l'âge de 3 ans, ces enfants qui n'entrent pas dans les cases.

 


 

L'Obs  - Enquête à Chicago " Les enfants transgenres "

 

Sabrina a sorti les photos de classe de son fils, Ryan, depuis son entrée en maternelle. A 3 ans, c'est un petit garçon blond, aux cheveux très courts et au regard sérieux. Puis les cheveux s'allongent, retenus par une barrette. Les vêtements se féminisent. Sur le cinquième cliché, on voit une jolie fillette aux longues mèches blondes qui porte un chemisier ultra-girly.

 

Ryan a aujourd'hui 11 ans. On la rencontre dans ce petit pavillon de la grande banlieue de Chicago, où ses parents se sont installés pour lui permettre de bénéficier d'une école plus tolérante que celle du quartier ouvrier où ils habitaient jusque-là. Dans cette salle de jeux remplie de poupées, de peluches et de bijoux, c'est une préado bien dans sa peau, potelée et volubile, qui adore les bracelets brésiliens et les soirées pyjamas avec ses copines. Elle dit juste qu'elle se sent comme "une fille dans son coeur et un garçon dans sa tête". Pour ses parents, Ryan est une "tomgirl", une fille manquée, comme il existe des "tomboys", des garçons manqués, insiste Sabrina, qui considère que leur enfant se situe dans "une zone grise" : 

 

" Aujourd'hui, elle se comporte en fille, mais, contrairement aux enfants transgenres, elle ne rejette pas son sexe. On l'aime et on la soutiendra, quoi qu'elle choisisse. Mais personne ne sait comment elle évoluera."

 

Ryan est suivie au Lurie Children's Hospital, le grand hôpital pédiatrique de Chicago, au sein du service spécialisé "dans le genre et la sexualité" créé il y a un an par le docteur Robert Garofalo. Sa clinique, la quatrième de ce type aux Etats-Unis et la première du Midwest, prend en charge soixante-quinze enfants qui, comme Ryan, présentent une "dysphorie du genre", le terme utilisé aux Etats-Unis pour parler de ceux qui ne se sentent pas en adéquation avec leur sexe de naissance.

 

                  Ryan genre fluide.jpg

Un petit garçon qui aime porter des robes

 

De jeunes garçons qui se comportent comme des petites filles, des petites filles qui veulent vivre comme des garçons et, entre les deux, toute une palette de nuances. Le plus jeune a 4 ans. C'est un petit garçon d'origine hispanique qui aime porter des robes, terriblement malheureux depuis que son père lui a coupé les cheveux. Un autre, à 13 ans, hésite sur son identité : un jour il se sent fille, le lendemain, garçon.

 

"Et pourquoi pas ? Nous leur disons que ce n'est pas grave, affirme le docteur Scott Leibowitz, pédopsychiatre. Nous leur expliquons qu'ils peuvent être qui ils veulent, et que cela ne doit surtout pas affecter les autres aspects de leur vie." 

 

"Ici, on considère le genre comme un spectre large, une entité "fluide", qui évolue dans le temps, et ne se laisse réduire à aucune case."

 

"Notre monde nous enferme dans des concepts binaires. Il faut être un homme ou une femme, un mâle ou une femelle. Mais de nombreux enfants n'entrent pas dans ces cases. Cela met les gens mal à l'aise, mais c'est comme ça".

 

Dans l'équipe du "docteur G.", comme l'appellent affectueusement ses patients, un pédiatre, une assistante sociale, un endocrinologue, un pédopsychiatre et une psychologue proposent une approche pluridisciplinaire, avec toujours, en toile de fond, une immense bienveillance.

 

Quel prénom ? Quelles toilettes ?

 

Voilà plusieurs années qu'aux Etats-Unis, mais aussi aux Pays-Bas, en Belgique, en Argentine ou encore au Canada, la question des enfants transgenres se pose dans les écoles, les lycées et les universités, entraînant mille débats. Qu'est-ce qui caractérise un garçon, qu'est-ce qu'une petite fille ? Jusqu'où faut-il encourager la détermination des enfants ? Doit-on les appeler par le prénom qu'ils se sont choisi, alors que l'état civil refuse de leur donner raison ?

 

Et enfin, question qui pourrait - à tort - passer pour dérisoire : quelles toilettes ces enfants doivent-ils utiliser à l'école ? "M'autoriser à aller chez les garçons, c'est me reconnaître pour ce que je suis", dit Sade, 15 ans, adolescent aux cheveux ras et au visage fermé, bouleversé d'avoir reçu un avertissement pour avoir utilisé les sanitaires des garçons dans son lycée. On lui a proposé des toilettes "neutres", dont il fallait demander la clé. "C'était trop ostentatoire. Je ne veux pas attirer l'attention sur moi de cette manière." La petite Ryan aussi s'est vu refuser l'accès aux lavabos des filles. "C'est le côté puritain des Américains, s'enflamme son père. Mais de quoi peuvent-ils bien avoir peur ?"

 

Le docteur G. intervient souvent dans les établissements scolaires, pour expliquer, rassurer, dédramatiser. "L'idée, c'est d'avoir une approche globale avec l'enfant bien sûr, mais aussi toute la famille, et l'école. C'est tout le système dans lequel vivent ces enfants qu'il faut prendre en compte, explique-t-il. Pour les parents, c'est une souffrance inimaginable d'élever un enfant transgenre..."

 

Dépression, drogue, suicide..

 

Extraverti et chaleureux, ce médecin spécialiste de la lutte contre le sida est terriblement ému quand il évoque le sujet : il en a tant rencontré de ces jeunes transgenres rejetés par leur famille, confrontés à la dépression, la drogue, la prostitution, le suicide et l'automutilation. "J'en avais assez de soigner des ados transgenres malades du sida." C'est pourquoi il a créé cette clinique qui accueille les patients dès 3 ans, afin de "les traiter comme des enfants, et de tout mettre en oeuvre pour leur permettre de grandir dans un environnement sûr".

 

Le centre, installé dans de vastes locaux au deuxième étage du plus prestigieux hôpital pédiatrique de Chicago, financé par deux figures de l'establishment - elles-mêmes adultes transgenres -, n'a rien d'une obscure officine : "J'ai expliqué que d'ici cinq à dix ans il y aurait des centres comme celui-là dans tous les hôpitaux. L'hôpital a parfaitement compris l'intérêt d'être pionnier", explique Bob Garofalo, dont la clinique devrait avoir doublé de taille dans deux ans.

 

Combien de jeunes sont concernés ? Aucune étude ne porte spécifiquement sur les enfants. Une enquête menée à San Francisco il y a deux ans évalue à près de 2% la proportion de lycéens et à 1% celle d'étudiants qui se définissent comme transgenres ou se disent concernés par des troubles du genre. Une autre, menée à Montréal, affiche des taux plus importants. Mais ne pas cerner l'ampleur du sujet autorise-t-il pour autant à le passer sous silence, encourageant les fantasmes mais interdisant toute prise en charge ?

 

Invisibilité totale en France

 

On n'a aucune donnée, tous ces enfants sont contraints à une totale invisibilité." Et quand un pédopsychiatre accepte un patient, en toute discrétion, c'est souvent avec l'idée, largement imprégnée de psychanalyse, de le guérir.

 

Rien de tel aux Etats-Unis, où la plupart des médecins, comme le docteur Garofalo, refusent de considérer la "dysphorie du genre" comme une maladie. Ici, on ne "soigne" pas, on accompagne : "Il ne viendrait plus à l'idée de quiconque de soigner l'homosexualité", explique le médecin. En 2012, l'Association américaine de Psychiatrie a sorti les "troubles de l'identité du genre" de la liste des maladies mentales. Des mouvements d'étudiants, parmi les plus radicaux, exigent même la reconnaissance d'un troisième pronom personnel, ze, à côté de he ("il") et she ("elle") : Iel, ellui (il ou elle) Illes, els (ils ou elles) !

 

 

" La formation du genre est précisément une question pédiatrique, rétorque Robert Garofalo. Il ne se construit pas à l'âge adulte, ni même à l'adolescence, mais à 3, 4, 5 ans."

 

Les parents sont-ils responsables ?

 

Les parents sont-ils responsables de ces "troubles" ? "Les psychiatres me renvoyaient une image qui ne nous correspondait pas, dit Sabrina. Je ne suis pas dominatrice. Mon mari n'est pas effacé. Et non, je n'ai jamais rêvé d'avoir une fille." Des médecins leur parlent d'une clinique réputée au Canada, qui pourrait peut-être "guérir" leur enfant. La liste d'attente est longue. Ils hésitent, puis laissent tomber. La rencontre avec le docteur G. a été une délivrance : "Ryan n'est pas malade. Pourquoi ne pas la laisser explorer son identité ?"

 

Contrairement à une idée reçue, la plupart des enfants avec des dysphories du genre ne deviennent pas des adultes transsexuels... Ni d'ailleurs des homosexuels : 

 

"Ce sont deux sujets différents. Certaines personnes ne sont pas nées dans le bon corps, et cela n'a rien à voir avec l'attirance qu'elles peuvent avoir pour l'un ou l'autre sexe, insiste le docteur Leibowitz. Dans les groupes de parole, les parents veulent savoir comment leur enfant va évoluer. Mais personne ne peut le prédire." 

 

Mais faut-il céder aux demandes d'un jeune enfant, au risque de l'influencer ? Le docteur Lisa Simmons, spécialiste de l'adolescence, ne nie pas la difficulté. Tout, pour elle, réside dans la finesse du diagnostic : "Une dysphorie du genre, pour être avérée, doit répondre à trois critères, explique-t-elle. Un : elle doit être persistante. Deux : constante. Trois : insistante." A partir de là seulement le patient entrera dans un processus de "transition" vers l'autre sexe, comme disent les transsexuels. Comment faire qu'elle s'accomplisse au mieux ? Là encore les experts sont rares, et la littérature, bien maigre. Il s'agit plutôt de codes de bonne conduite, établis par les rares médecins qui s'intéressent au sujet.

 

La "transition sociale"

 

La première phase n'est pas médicale ; c'est ce que les médecins appellent la "transition sociale" : permettre à l'enfant de s'habiller comme il veut, de changer de nom pour ses proches s'il le souhaite. Quand, à 7 ans, Ryan a demandé à se déguiser en princesse pour la soirée d'Halloween, Sabrina, qui avait déjà cédé sur les robes à la maison, a décidé qu'il était temps de cesser de lutter contre l'évidence et de la laisser vivre sa vie. "Quel mal y a-t-il à ça, après tout ? L'essentiel, c'est qu'elle soit bien dans sa peau." 

 

Deuxième étape, à l'entrée de l'adolescence : le traitement qui va bloquer la puberté. Très controversés - notamment en France -, ces inhibiteurs peuvent être administrés aux Etats-Unis dès 12-13 ans sur simple consentement écrit du patient. Avantage : ils n'entraînent pas, selon ces médecins, d'effets irréversibles ; si l'enfant suspend son traitement, la puberté reprendra son cours. "C'est une manière d'appuyer sur le bouton pause", explique le docteur G., qui préconise d'administrer le traitement de façon précoce, avant l'apparition des premiers signes de la puberté, souvent très douloureusement vécus par les enfants transgenres.

 

Troisième étape : à 15 ans, Ryan devra faire un choix. Redevenir un garçon ou prendre des hormones qui lui permettront d'amorcer sa transformation en femme. "On n'en est pas encore là, dit Sabrina. Chaque chose en son temps."

 

Ce corps qui trahit

 

Cette troisième étape, lourde de conséquences, Sade, le garçon manqué qui ne supporte plus ce corps qui le trahit, s'apprête à la franchir. Avant d'entreprendre son traitement, il a rencontré par trois fois un psychologue à la clinique. Est-ce assez ? 

 

Ce n'est pas un problème mental. Quand tu sais qui tu es, tu n'as pas besoin de psy", rétorque-t-il, avec le ton tranchant de ses 15 ans.

 

A 11 ans, Sade a d'abord cru être lesbienne. En fouillant sur internet, elle découvre que c'est plus compliqué. "Pour les gens comme nous, le web a tout changé. J'ai découvert ce qu'était la dysphorie du genre, dont je n'avais jamais entendu parler. Et surtout que je n'étais pas seule." Sa rencontre avec le docteur G. a été une seconde naissance : "Je n'osais pas y croire. Pour la première fois, on me comprenait d'emblée et je n'avais pas à tout expliquer."

 

Sade se comporte en garçon, exige que ses parents le traitent comme tel et les foudroie du regard quand ils se trompent. Mais de temps en temps, il/elle ne s'interdit pas de mettre du vernis à ongles...

 

L'opération : pas un passage obligé

 

Comme de nombreux transgenres, Sade se définit comme un être "neutre", qui refuse d'"entrer dans une boîte" et veut "juste" être lui-même. Ses parents sont tombés des nues quand leur enfant leur a avoué qu'il cachait ses seins sous des bandages. Aujourd'hui, ils soutiennent Sade de leur mieux, même si la rapidité de sa décision et le coût des traitements (qui ne sont pas pris en charge par leur assurance) les effraient : 3.000 dollars pour les tests hormonaux, 1.000 dollars pour les injections, sans parler des consultations. "On ne sait pas très bien combien cela va finir par coûter, mais ça peut vite devenir un problème, murmure Tom, le père. Je voudrais qu'on puisse gagner du temps. Sade est si jeune. Et s'il changeait d'avis ?"

 

Ne rien commettre d'irréversible. C'est l'obsession de tous les parents, avant l'ultime étape : la chirurgie. Sade ne l'envisage pas pour l'instant. Pour Ryan, il est bien trop tôt pour y penser. Le docteur Garofalo est d'ailleurs loin d'être un prosélyte du bistouri. "La chirurgie n'est pas du tout une étape obligée. De nombreux adultes transgenres sont parfaitement à l'aise avec leur corps et ne ressentent ni le besoin ni l'envie d'être opérés."

 

Un jour, des parents lui ont demandé d'opérer leur fils de 9 ans ! "Ils prétendaient que si je ne lui créais pas un vagin, il allait se suicider. J'ai répondu qu'il n'en était pas question. Je ne suis pas fou !" Quelquefois, pourtant, ce choix aussi radical que rarissime est vital.

 

Ce sexe qui lui fait horreur

 

A 14 ans, Amya attend comme une libération l'opération qui la délivrera de ce sexe de garçon qui lui fait horreur : "Il faut que ça parte, le plus vite possible", dit cette jolie Black qui rêve de devenir mannequin. Elle devra attendre sa majorité, mais sa volonté semble inébranlable. Quand elle est née, Amya s'appelait Ariel : un petit garçon qui voulait toujours imiter sa soeur jumelle et rêvait de devenir pom-pom girl au lieu de jouer au foot. L'ado raconte une enfance solitaire, les brimades, une angoisse sourde et mystérieuse. Ses résultats scolaires s'en ressentent. Il redouble.

 

A 11 ans, Ariel avoue à sa mère qu'il aime un garçon. Convaincue depuis longtemps que son fils est gay, elle le rassure : "Ce n'est pas grave." Mais, pour le père d'Ariel, c'est trop violent. "Il a dit que notre fils était trop jeune, qu'il n'était pas question d'en discuter." Convaincu d'être une fille, Ariel décide cependant de ne plus jamais parler de son "problème" : "Je voulais que ma famille soit heureuse." Ses parents se séparent, puis se remarient deux ans plus tard. Le jour de la noce, Ariel, 13 ans, qui aurait tant voulu mettre une jolie robe, s'isole et pleure toutes les larmes de son corps.

 

Pour sa mère, c'est le déclic. "J'ai réalisé combien mon bébé allait mal." Elle finit par consulter. Le verdict tombe, catégorique : "Ariel n'est pas né dans le bon corps." A 13 ans, Ariel est devenu Amya, au moins pour ses proches. Visiblement, ses années de souffrance ont laissé des traces. Elle a peu d'amies, rêve de déménager. Elle voudrait tant pouvoir prendre un nouveau départ... "Si seulement j'avais su plus tôt, soupire sa mère, les larmes aux yeux. Cela me brise le coeur de penser qu'elle a été si seule." C'est pourquoi elle témoigne à visage découvert, avec sa fille : 

 

"Il n'y a pas de honte. Il faut au contraire en parler. Aucun enfant ne doit avoir à cacher ce qu'il est, à souffrir juste à cause d'un préjugé ou de l'ignorance."

 

Pour en savoir plus, sur le grand hôpital pédiatrique de Chicago  :

Lurie Children's Hospital

 

         Docteur Roberto Garofalo - Première Clinique pionnière en mars 2013       

               Docteur roberto Garofalo Lurie Children's Hospital.jpg

 


19/05/2014
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