SOS TRANSPHOBIE

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Le film canadien "Laurence Anyways" du réalisateur Xavier Dolan

 

Laurence Anyways : Dolan dans la cour des grands
Vraie sensation de la sélection Un Certain Regard du dernier Festival de Cannes, le film de Xavier Dolan débarque enfin en salles. Le jour de son trentième anniversaire, Laurence, fou amoureux de Fred, révèle à celle-ci son désir de devenir une femme. Une annonce qui risque de tout bouleverser et qui signe le début d’une lutte contre les préjugés et les phobies de la société. Pour son troisième long métrage, le jeune prodige québécois revient une nouvelle fois avec une mise en scène grandiose et deux acteurs magnifiques, Suzanne Clément et Melvil Poupaud, qui ont pris beaucoup de plaisir à jouer devant la caméra de Xavier Dolan. L'acteur français nous a même avoué s’être apprécié en femme lors d'une interview accordée à Vodkaster ! Ce film - sans doute l’un des meilleurs de cette année 2012 - est donc à ne pas louper.

 

Critiques presse et spectateurs

//www.allocine.fr/film/fichefilm-186111/critiques/

 

 

 

 

Troisième film du jeune prodige québecois Xavier Dolan, Laurence Anyways couvre, de la fin des années 80 à l’aube du nouveau millénaire, les soubresauts d’un couple fusionnel confronté à un changement radical qui pourrait les faire basculer dans les marges de la société. Filmer l'évolution sur dix ans d'un "grand amour" est un choix courageux et assez rare finalement. Pourquoi le cinéma a-t-il tant de mal à inscrire l’amour dans la durée ?

D’habitude une histoire d’amour dans un film, ça s’arrête là [à la rencontre]. Mais justement, ce qui est intéressant c’est la suite” soulignait un autre Xavier, imaginé par Cedric Klapisch dans Les Poupées Russes. C'est donc ce que fait Dolan en filmant sur dix ans la vie d’un couple. Dès les premières minutes, Fred et Laurence nous sont présentés comme un "vieux couple". Ils vivent un amour libre et mature menaçant de s'effondrer sous le choc de la révélation. A 30 ans, las d’être prisonnier d'un corps qu’il méprise, et qui ne lui inspire qu'un lancinant dégoût, Laurence, prof' de littérature dans un lycée de Montréal, annonce à sa compagne que pour continuer à vivre, il doit devenir celle qu’il a toujours rêvé d’être... Fred accepte de l’accompagner dans sa lente transformation, au risque de se perdre dans un processus de marginalisation qu'elle n'a pas choisi.

Rares sont donc les films qui suivent l’évolution d’un couple sur plusieurs années pour en faire le centre de gravité de leur récit ; ou alors, quand ils s’y collent, c'est en général pour raconter sur la durée la naissance d’un couple (Quand Harry rencontre Sally). Il faut dire aussi que la rencontre et la rupture, sortes de climax émotionnels et dramatiques de l'amour, offrent la matière idéale aux bons mélos et autres comédies romantiques. Filmer le couple sur un temps long, 5, 10, 15 ou 20 ans, revient à s'enfoncer dans l’usure, le lent délitement d'un quotidien ennuyeux et dévitalisé. C’est se faire le fossoyeur du grand amour, comme s'il était nécessairement condamné à s’éteindre.

 

 



10/08/2012
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