SOS TRANSPHOBIE

SOS TRANSPHOBIE

Transphobie, sexe, genre, connerie sur une femme bio hétéro non conforme, née femme

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Témoignage d'une femme bio hétéro non conforme, née femme : Transphobie, sexe, genre et connerie.

J’ai beaucoup réfléchi avant de choisir d’écrire ce texte, mais il me tient à coeur. Alors tant pis pour la perception qu’en auront ceux qui le lisent.

Quand je suis arrivée en fac , en vile de ma campagne perdue il y a trés longtemps j’étais introvertie au possible, j’étais passe partout, j’étais invisible. Et puis j’ai fait des rencontres qui m’ont changée, j’ai été confrontée à moi même et je me suis débarrassée en partie de ma timidité. J’ai changé ma façon de m’habiller pour être en adéquation avec moi même. J’ai laissé tombé mes fringues d’homme et mes baskets pour passer à goth version indus, vinyl S/M, coupe Louise Brooks noir bleutée et mini jupe. J’aimais ça, j’écoutais ça aussi ( d’ailleurs aujourd’hui encore c’est ce que j’écoute, bref… )

C’est à ce moment là que la perception des gens dans la rue à complétement changé à mon égard. Mon mètre 82 majoré par la hauteur de mes talons y a beaucoup contribué aussi. J’étais visible comme une guirlande qui clignote. Mais les réflexions auxquelles j’ai du faire face n’avaient vraiment que trés peu à voir avec le sexisme, mais avec la transphobie. Je pense que depuis toutes ces années je pourrai faire une compilation aussi épaisse qu’un dico des insultes que j’ai essuyées. Le summum étant les gens qui te poursuivent toute une soirée pour voir ta carte d’identité et voir ton vrai prénom. J’ai été virée de bars pour ça. Parce que au bout d’un moment ( et j’ai de la patience pourtant ) j’avais quand même des accés de violence devant tant de conneries.

Je ne compte plus le nombre de paris sur les chiottes que j’allais utiliser dans les resto, je ne compte plus les nuées des gens chuchotant sur mon passage pour savoir si j’ai une bite ou pas. Je ne compte plus le nombre de regard agressifs, haineux ou juste remplis de bêtise primaire que j’ai croisés. Dans le bus, dans le train, dans la rue, dans les bars, dans des soirées et même des gens que je pensais être des potes et qui se révélaient avec un coup dans le nez.

J’ai parfois répondu calmement, j’ai parfois répondu agressivement, j’ai traumatisé un groupe de jeune fille dans un fast food en leur faisant toucher mes seins ( c’est complétement idiot mais j’étais super énervée, toute la journée j’y avait eu droit )… Je me suis aussi tu parce que beaucoup sont des cas désespérés ( ou étaient plus baraqués que moi ). Avec l’âge d’ailleurs je ne dis pratiquement plus rien, comme si j’avais totalement intégré, digéré la connerie humaine. Certains me diront que c’est bête de subir en silence mais je crois qu’au bout de toutes ces années finalement tu deviens fataliste.

Aujourd’hui ça m’arrive moins, enfin disons que lors de mes sorties en couple les gens se taisent plus mais dés que je suis seule j’ai toujours droit à au moins un petit show… Mon plaisir maso c’est de marcher devant mon compagnon et ses fils , attendre la réflexion et buguer les gens quand je les rejoins. J’imagine sadiquement ce qui se passe dans leur tête et qui se lit dans leurs yeux que je regarde bien droit : merde ils sont ensemble, il a tout entendu, merde en plus ils ont des gosses, merde alors quoi, on s’est plantés ? c’est ELLE finalement, ou pas, je comprends plus du tout AU SECOURS…

La vérité ? je suis une femme hétéro cis, je suis née femme. Mais mon physique semble prêter à confusion. La vérité ? c’est que moi pour être ce que je suis je n’ai pas eu a subir des questionnaire de psy lourdingues, je n’ai pas eu à me battre avec l’administration pour changer mon putain d’état civil, j’ai pas eu a dire à ma famille que j’étais une femme ou un homme enfermé(e) dans le mauvais corps, j’ai pas eu à passer par des traitement lourds pour devenir ce que je suis, pour naitre à moi même, je n’ai pas eu à me trimballer un sexe qui n’est pas le mien. Moi femme hétéro cis j’ai juste eut droit aux violences de la rue, à la transphobie ordinaire.

Je n’ose imaginer la galère et le calvaire même qu’endurent celles et ceux qui doivent passer par TOUTES les étapes pour voir leur sexe en accord avec leur genre. Pour être en accord avec eux/ elles mêmes.

Ce n’est pas le fait qu’on me traite de trans qui me choque, bien que j’estime qu’à la base c’est un truc qui ne devrait pas poser de probléme du tout. Mais la violence et la haine qui se dégage à chaque fois et le malaise aussi comme si c’était un truc contagieux. Qu’est ce que ça peut faire à ces gens qu’on ait / ait eu une bite ou une chatte, qu’est ce que ça peut faire que notre genre ne corresponde pas à notre sexe ? RIEN… ça ne changera absolument rien dans leur vie. C’est primaire, c’est moche.

Et ce n’est pas l’apanage des hétéro, certain LGB sont tout aussi cons et psychorigides sur la question. Alors je ne sais pas, je ne m’explique pas cette méfiance, cette défiance… j’ai beau chercher, je ne vois pas d’autres explications que la peur de la différence, ok et puis quoi ? la connerie ?

Il y a encore beaucoup à faire sur la différence entre le sexe et le genre; il y a encore beaucoup à faire pour l’acceptance de la transexualité, sur le fait que ce n’est ni une tare, ni une monstruosité, ni une perversion. Juste le processus naturel d’une personne qui veut être en accord avec son genre. Et quand bien même, on peut même aller plus loin, pas de choix, être juste soi, au delà d’un sexe, au delà d’un genre. Etre humain(e)

Lien : //mariemeier.tumblr.com/post/51881999698/transphobie-sexe-genre-et-connerie


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