SOS TRANSPHOBIE

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Transphobie hospitalière envers une trans

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Elsa : Témoignage d’un passage aux urgences suite à un viol

Nous étions le 27 juillet de cette année. J’avais encore un rendez-vous à l’hôpital. Rendez-vous dû aux dégâts physiques de mon viol correctif transphobe de janvier dernier. J’étais déjà à cette date en état lourd de dépression post traumatique, entrainant une forte dépression. Je saigne de l’arrière régulièrement, galère pour courir, m’asseoir…

Les premiers passages aux urgences n’avaient été que moyennement durs à vivre. J’y vais toujours accompagnée d’unE amiE trans qui se fait passer pour unE représentantE d’association qui défend et accompagne des personnes transgenres dans le monde médical. Sans cela, chaque visite serait un enfer. Il demeure que chaque passage a quand même été problématique avec un personnel jugeant sur mon mode de vie, mon identité transgenre et une méconnaissance complète des trans.

De plus, chaque compte rendu de passage aux urgences regroupait son lot d’éléments prouvant la trasphobie et la méconnaissance de la transidentité du personnel hospitalier. Quelques exemples : J’aurais été officiellement violée collectivement « par un avant bras transphobe ». Pas une personne. Passons sur le fait que le viol correctif soit devenu « collectif ». La valeur punitive de l’acte criminel disparait. Ma parole y était largement remise en question dans chaque compte rendu de passage, les textes étant parsemés de « « d’après elle » ». Je suis victime de viol transphobe avec une valeur punitive, comment peut-on oser remettre mes propos en doute ?

Cette visite-ci a été la goutte d’eau qui fait déborder le blase. Malgré un dossier de suivi qui me genrait correctement, la spécialiste m’a mal(e) genrée du début à la fin, avec de grands sourires de satisfaction malsains et des regards approfondis sur ma personne dès qu’elle s’était présentée dans le couloir menant à son cabinet. Dossier en main au nom de « madame X » et spécifiant ma transidentité, elle m’a regardée, jugée : « Monsieur, c’est à nous ! ». Tocarde.

Cela m’a tellement mise mal que je n’ai pas osé répondre à ses questions. Les mots ne sortaient pas. SeulE mon amiE parlait à ma place. Particulièrement jugeante, la spécialiste n’a pris aucune précaution pour parler de mon viol. Traitant mon cas comme pour parler d’une chose ordinaire et sans importance. « Ah si vous voulez parler monsieur, allez chez un psy ». Non, j’essayais juste de lui expliquer ce qu’est un état traumatique. Cet état qui m’empêche d’être comme avant l’acte criminel. Cet état qui fait que je ne sors que très peu, vois peu de personnes, me fait paniquer à l’idée d’être seule dans une pièce avec un homme cisgenre. Cet état qui fait que je suis incapable de faire quantité de choses, me rend extrêmement fragile et remplit mes journées de crises d’angoisse, de stress et de peur.

Elle n’a pris aucun temps pour me dire ce qu’elle comptait me faire lors de la consultation. J’ai été obligée de lui expliquer ce que sont les reviviscences post viol dans le cas des examens internes des zones abîmées. Elle n’en a rien eu à faire. A partir de ce moment, je me suis effondrée de désespoir. Elle est restée froide, n’en avait rien à faire, en me genrant mal malgré les reprises de mon amie à côté de moi. Elle n’a pas pu toucher mon corps. Aucun examen n’a pu être pratiqué. C’était impossible. Sa seule présence m’horrifiait. On est donc reparti sans avis médical clair, sans savoir pourquoi six mois après mon viol la douleur était encore présente, sans savoir quelles zones étaient abimées et si cela représentait un risque quelconque pour ma santé.

Elle a souri quand je lui ai dit que j’étais trans. Que j’avais un traumatisme. Que je ne voulais pas qu’elle me touche car mon état impliquait que seules les personnes de confiance peuvent toucher mon corps sans que je hurle de crainte. Elle a souri quand j’ai exigé de sortir de son cabinet. Qu’elle aille au diable.

Au final : deux ordonnances, rédigées d’après ses suppositions, au nom de “Monsieur X” pour me designer avec toujours un long regard sur moi et un sourire satisfait.

Quand mon amiE est revenuE la voir pour lui signaler de ne pas prévenir mon médecin traitant, médecin de famille qui pourrait tout dire du viol correctif à mes parents, elle a encore appuyé les « monsieur ». Mon amiE et moi sommes fatiguéEs et dégoûtéEs par ce monde médical jugeant et transphobe. Je passerai sur les injonctions jugeantes de ce jour ci cherchant à savoir pourquoi je ne souhaitais pas porter plainte ou allez voir unE psy -qui risque d’être du même niveau que le personnel hospitalier croisé ce jour ci-.

Nous sommes le 15 septembre. J’ai encore mal. Dans tout le bas de mon ventre. A l’anus. J’y saigne. A mon âme. J’y saigne.

Chères personnes jugeantes, je vomis vos violences normatives. Un viol correctif, des coups, des crachats, des insultes ou de la transphobie aux niveaux officiels, tout est à mettre dans la même case. Vous êtes des agents de mort à plus ou moins long terme.

Je suis encore là. La transphobie tue. [lien]

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