SOS TRANSPHOBIE

SOS TRANSPHOBIE

Droits humains bafoués

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Témoignage : Hier après midi, j’ai appelé mon avocate, afin de savoir si elle avait reçu quelque chose de la part du tribunal de grande instance de Dijon. J’ai eu sa secrétaire, et en effet, elle a bien reçu un courrier, le 26 Février, et s’étonne alors que je n’ai moi même rien reçu. Après vérification, il s’avère que mon changement d’adresse, notifié il y a plus de trois mois, n’a pas été pris en compte… Je devrais donc recevoir ce courrier dans les prochains jours, mais je sais déjà en partie ce qu’il contient… La secrétaire m’en a lu un extrait, la procureur a statué sur la nécessité pour moi de subir une expertise médicale, ainsi qu’une expertise psychiatrique. J’ai contacté le tribunal, personne ne sait comment se déroulent de telles expertises, personne, pas même les magistrats, ne sont en mesure de donner des informations concernant ces expertises, il n’existe non plus aucune documentation, il faut, je cite:

« Téléphoner à l’expert »

( expertises à ma charge, de 1500€ à 3000€, sauf si elles sont incluses dans l’aide juridictionnelle ici ). Je peux aussi faire appel de cette décision. Soit je fais appel, et je me réengage dans des procédures pour une durée indéterminée, soit j’accepte de subir ces expertises, et perdre ce qui me reste de dignité, accepter d’être traitée comme un animal, une bête de foire pour satisfaire les fantasmes malsains et pervers d’une procureur archaïque.

J’ai le sentiment d’être une dangereuse terroriste voulant asservir le monde, aux yeux de ces gens là, et encore, les terroristes, eux, ont une identité, ils existent aux yeux de l’État. Moi, non, l’État refuse mon identité, l’État m’impose une identité qui n’est pas la mienne, l’État m’impose de subir des expertises humiliantes que ne subissent pas des auteurs de délits. En quoi les médecins que vous m’imposez, vous, les magistrats, à l’encontre de la loi qui prévoit le libre choix de praticiens ici, en quoi ces médecins ( avec tout le respect que je leur dois ) seraient ils plus à même de statuer sur ma transidentité que ceux qui me suivent mensuellement depuis trois ans?

La CPAM, donc l’État *, m’a accordée le droit d’être en ALD (Affection de Longue Durée) pour ma transidentité, la CPAM, donc l’État accepte de rembourser à 100% mon traitement hormonal ainsi que toutes les ordonnances et tous les devis chirurgicaux établis à l’ordre de « Mlle Julie Cotinaud », et pourtant, la procureur, donc l’État refuse mon changement d’état civil, au motif que ma démarche n’est pas légitime. L’État n’est pas d’accord avec lui-même, et c’est moi qui ai besoin d’une expertise psychiatrique???

*L’ALD est délivrée par un médecin conseil de la Sécurité Sociale. Même si la CPAM ne fait pas directement partie de l’État, ses processus concernant la branche médicale sont gérés par l’État du fait qu’il dépendent d’un texte de loi. Tout ce qui concerne l’ALD est géré par le ministère de la santé.

A mon sens, demander une expertise pour une telle demande, c’est moyenâgeux, mais en demander deux, avec un dossier aussi fourni (Attestation de ma généraliste confirmant ma mise sous traitement hormonal féminisant depuis le 23/09/2011, l’attestation de mon médecin psychiatre sexologue expert des tribunaux affirmant que je suis parfaitement saine d’esprit et ne souffre d’aucune pathologie mentale, ma mise sous ALD par le médecin conseil de la CPAM, mes diverse analyses sanguines montrant l’évolution de mes taux hormonaux, le compte rendu opératoire et les devis à l’ordre de Mlle Julie Cotinaud des trois opérations (faites en une seule fois) de féminisation du visage [affinement du menton, arrondissement de la mâchoire, réduction de la pomme d'Adam], les attestations sur l’honneur de nombreuses personnes affirmant mon apparence et mon comportement typiquement féminins, l’attestation de mon employeur indiquant mon changement d’identité au sein de l’entreprise, mon contrat d’assurance établis à l’ordre de Mlle Julie Cotinaud, mon contrat EDF établis à l’ordre de Mlle Julie Cotinaud, l’accord de changement d’identité au sein des bases de mon FAI, un album photos montrant tous mes changements d’ordre physique ces trois dernières années, la copie des recommandations de la Cour Européenne de Droits de l’Homme concernant le traitement des personnes transidentitaires, la copie de la circulaire du 14 Mai 2010 indiquant aux juges de faciliter le changement d’état civil pour les personnes transidentitaires en limitant/supprimant les expertises systématiques.) c’est de l’abus de pouvoir, de la perversité malsaine, de la volonté délibérée de nuire, de faire du mal. Pour reprendre une citation d’A. Einstein,

« Vous qui aimez restez dans l’archaïsme, ce ne peut être que par erreur que vous avez reçu un cerveau, une moelle épinière vous suffirait amplement. »

Voilà voilà… y a plus qu’à attendre ce maudit courrier, contacter « l’expert » pour en savoir un peu plus sur ces « expertises secrètes », la suite au prochain épisode.

[ EDIT ]—————————————————————- Jeudi 6 Mars 2014 ———————————————[ EDIT ]

Voilà, j’ai reçu le fameux courrier. Je me suis sentie tellement mal à l’aise après sa lecture que j’ai dû quitter mon lieu de travail et rentrer chez moi. J’ai pleuré, longuement, de colère, de frustration de ne pas pouvoir libérer cette rage, de ne pas pouvoir m’expliquer avec ces personnes qui me jugent sans même m’avoir adressée la parole hormis un « bonjour madame » intelligible et unanime.

À la lecture de ce texte immonde dans lequel même ma civilité reste inchangée, j’apprends que ma demande est rejetée pour deux raisons.
La première, parce que je n’aurais, selon les juges, pas de suivi endocrinologique. Pardon? Et les résultats d’hormonologie adressés à moi même et à mon endocrinologue, ça compte pour rien? Tout comme l’attestation de ma généraliste affirmant que je suis sous traitement hormonal féminisant, « ça ne vaut rien », une généraliste c’est pas un vrai medecin… ( je me demande ce que le conseil de l’ordre des médecins penserait en apprenant que leurs documents médicaux ne valent rien… ).
La seconde raison invoquée au rejet de ma demande est que « l’attestation de mon psychiatre (expert des tribunaux) n’est pas suffisamment récente ». Mesdames les juges, madame la vice-procureur, ça fait combien de temps, « récente »???? Vous le quantifiez comment ce mot? Vous lui attribuez quel référentiel? Parce que l’apparition de l’être humain sur Terre, c’est récent, d’un point de vue géologique… En effet cette attestation date de fin 2012, période à laquelle j’ai entamé cette procédure de changement d’état civil. Je désirais acquérir rapidement un maximum de pièces justificatives à joindre à ma requête et je ne connaissais pas à l’avance combien de temps allait prendre cette procédure, ni même quand ma requête allait être déposée. Invoquer ce genre d’excuse bidon pour rejeter une demande, c’est hypocrite au delà de l’imaginaire, du reste je n’ai pas vu de date de péremption sur cette attestation, et je suis suivie quasi – mensuellement, cette attestation est donc, et restera parfaitement valable dans le temps!

En fin d’après midi, j’ai trouvé la force d’appeler (sans me mettre à pleurer) le cabinet de mon avocate (absente), et sa secrétaire m’a confirmée que , les pièces que je lui ai transmise avant le 31 Janvier, avaient bien été ajoutées à mon dossier pour le délibéré du 21 Février. Par la suite, j’ai appelé les experts mandatés par les juges, pour savoir en quoi consistent ces « expertises ».
J’ai commencé par l’expert médical, qui est en fait médecin légiste. Il sera chargé par le tribunal de, je cite: « indiquer si j’ai subi une intervention de conversion sexuelle, et si mon apparence physique actuelle est celle d’une personne de sexe masculin/féminin » (j’ai l’impression de subir un viol rien qu’en lisant ça). J’apprends qu’il m’a déjà convoquée il y a une semaine, mais que le courrier est parti à une mauvaise adresse, et même pas à mon ancienne, une à laquelle je n’ai jamais habité. Merci le TGI!
Bref, je lui demande en quoi consiste l’expertise, quels examens sont pratiqués, en détail. Il me dit qu’il s’agit d’un examen médical complet. C’est à dire? En detail? Quels examens? Combien? Etc. Eh bien, vous me croirez ou non, pas moyen d’avoir plus d’info que « un examen médical complet du corps ». Ça achève de m’énerver, je lui dit qu’avant de subir un examen, il est normal d’avoir un minimum d’informations sur le dit examen, que, lorsque l’on subit une intervention, le chirurgien nous transmet une fiche détaillée de l’intervention, même quand on passe un scanner ou une IRM, on a de la doc. Ce à quoi il rétorque que c’est la procédure normale, qu’il réalise régulièrement des expertises sur des gens « comme moi », et qu’on doit toutes et tous y passer, il n’y a pas d’exceptions. Je finis alors par lui dire qu’on ne pratique plus ce genre d’examens depuis la fin de la seconde guerre mondiale, que ces expertises sont contraires aux recommandations de la Cour Européenne des Droits de l’Homme et à la circulaire du 14 Mai 2010, je lui demande de m’envoyer la convocation à la bonne adresse, accompagnée du détail des examens pratiqués, lui souhaite une bonne fin de journée et prends congé.
Le second expert, quant à lui, aurait pour mission de, je cite: « rechercher si je présente un syndrome de transsexualisme » (syndrome, pathologie, tout ça, même discours archaïque…). J’ai donc appelé le dit expert qui finalemment ne pratique plus d’expertises, donc je dois attendre qu’un autre expert me convoque, en espérant que cette fois-ci ce sera envoyé à la bonne adresse. Ma demande serait ré étudiée le 10 Octobre 2014, oui, c’est loin, et c’est juste parce que les experts disposent de 6 mois pour me convoquer et faire leur rapport.

Honnêtement je ne compte pas subir ces expertises, mais je veux me renseigner un maximum sur ce en quoi elles consistent. Je tiens à être fière de mon CEC si je l’obtiens un jour, je ne veux pas en passer par l’humiliation, la perte de dignité. Je pense faire appel de cette décision absurde qui ne repose que sur du vent. Hors de question que je conforte l’Etat et les juges dans le fait qu’il faille systématiquement faire des expertises (pour ne pas dire expérimentations) sur les trans pour leur attribuer un changement d’état civil. Je refuse de satisfaire aux fantasmes pervers malsains de juges et procureurs rétrogrades incapables d’appliquer les directives européennes, trop orgueilleuses pour remettre en question leur vision étriquée des choses et leur esprit dont l’étroitesse n’a d’égal que le rayon de Bohr, et irrémédiablement obsédées par le contenu de l’entrejambe, comme si un homme ou une femme n’était défini que par ses organes génitaux et n’avait aucune personnalité propre.
Vous, mesdames les juges et vice-procureur, pouvez niez mon identité de femme tant que vous le voulez, cela ne l’empechera pas d’exister, tout comme vous pouver nier n’importe quelle loi de la physique, cela n’empêchera aucunement qu’elle s’exerce. Je suis une femme que cela vous plaise ou non, et ce que j’ai ou pas entre les jambes n’y changera rien et ne vous concerne en aucune manière. .

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